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samedi 22 septembre 2012

Paludisme : les médicaments n'assurent pas une totale protection

Oui, c'est vrai
Si vous partez en voyage en Afrique ou en Asie, comme dans toute autre zone où le paludisme, appelé aussi malaria, est présent, vous risquez de contracter cette maladie. Il faut impérativement vous en protéger : le paludisme est une maladie qui peut être grave, voire mortelle.
Pour l'éviter, vous devrez non seulement prendre des médicaments, mais aussi apprendre à vous protéger des moustiques, vecteur de la maladie.
Paludisme
Comment limiter les risques ?
Voici les règles à suivre pour diminuer le risque d'être piqué. Ce sont des moustiques (les femelles anophèles) qui piquent, de préférence à partir de 17 heures et jusqu’au lever du soleil. Des vêtements longs au niveau des bras et des jambes permettent de diminuer le risque de piqûre. Vous devez également badigeonner les zones de peau découvertes avec des produits répulsifs, très efficaces, que vous trouverez, entre autres, en pharmacie. Leur durée d'efficacité varie de 2 à 12 heures.
Vous constaterez rapidement que l’odeur de ces produits incite l'insecte à faire demi-tour. N’hésitez pas à en mettre également sur vos vêtements, sur les meubles, sur les rideaux, sur la tente. Pensez aux insecticides.
La couleur des vêtements importe également. Portez des vêtements clairs qui attirent moins les moustiques que les vêtements sombres.
Pour dormir, ne faites pas l’économie d’une moustiquaire, bordée sous le matelas, vérifiez qu’elle n’est pas trouée, et imprégnez-la d'insecticide.
Vérifiez ceux avec qui vous partagez votre lit et éliminez sans état d’âme tout moustique de dessous la moustiquaire…
N'oubliez pas de fermer portes et fenêtres s'il n'existe pas de treillis aux fenêtres et vérifiez qu’un intrus n’est pas rentré dans votre chambre…
Si vous restez peu de temps dans le pays (moins de trois mois), certains médicaments pris à titre préventif peuvent éviter le développement de la maladie. Commencez à prendre ces médicaments avant votre départ, afin de s’assurer de leur tolérance et de permettre une concentration suffisante dans le sang : votre médecin saura vous conseiller. Le traitement doit être poursuivi pendant le séjour puis, très important, au moins six semaines après votre retour.

Attention au paludisme !

Il faut savoir que le paludisme tue aujourd’hui encore une personne toutes les 15 secondes à travers le monde. Si la majorité de ces décès survient en Afrique, cette maladie ne se contente pas de faire des ravages dans les pays tropicaux. Chaque année en France, 5 000 voyageurs reviennent de leur périple avec le paludisme et 20 en meurent.
Si vous voyagez en Afrique, en Asie et dans toute autre zone où le paludisme, est présent, il faut impérativement vous en protéger. La quinine est longtemps restée le seul médicament efficace pour le traitement du paludisme, également appelé malaria. Bien que d’autres molécules soient aujourd’hui disponibles, ce traitement est toujours utilisé dans le cadre du traitement du paludisme grave.

Avant de partir, consultez votre médecin :

Le paludismeLes médicaments antipaludiques ne peuvent être délivrés que sur prescription médicale. Votre médecin vous prescrira une chimioprophylaxie. Ce traitement sera adapté à votre destination et à la durée et aux circonstances de votre séjour. Attention, il devra généralement être débuté avant votre départ et poursuivi 4 semaines après votre retour.
Si vous êtes enceinte, n’oubliez pas d’en parler à votre médecin. Le paludisme est très dangereux chez la femme enceinte, il vaut donc mieux éviter les zones à risques. Si vous n'avez pas le choix, il faudra bien vous protéger en sachant que certains répulsifs vous seront déconseillés et certains antipaludéens vous sont contre-indiqués. La quinine, la chloroquine et le proguanil font partie des traitements autorisés.

Sur place :

N’oubliez pas de prendre votre traitement et protégez-vous des piqûres de moustiques.
Voici les règles à suivre pour diminuer le risque d'être piqué :
  • En fin de journée, portez des vêtements à manches longues et des pantalons (les moustiques - les femelles anophèles - piquent de préférence à partir de 17 heures et jusqu’au lever du soleil). La couleur des vêtements importe également. Choisissez des vêtements clairs qui attirent moins les moustiques que les vêtements sombres ;
  • Badigeonnez-vous les zones de peau découvertes avec des produits répulsifs (attention, leur durée d'efficacité varie de 2 à 12 heures). N’hésitez pas à en mettre également sur vos vêtements et sur votre moustiquaire ;
  • Pour dormir, ne faites pas l’économie d’une moustiquaire, bordée sous le matelas, vérifiez qu’elle n’est pas trouée, et imprégnez-la d'insecticide ;
  • N'oubliez pas de fermer portes et fenêtres s'il n'existe pas de treillis aux fenêtres et vérifiez qu’un intrus n’est pas rentré dans votre chambre…

A votre retour :

Poursuivez impérativement votre traitement pendant 4 semaines.
Si vous êtes pris de fièvre, même légère, dans les deux mois qui suivent votre retour, consultez en urgence un médecin. Il se peut que vous fassiez une crise de paludisme. Le diagnostic est réalisé par un examen de sang (appelé goutte épaisse) qui consiste à vérifier si le parasite (du joli nom de plasmodium) se trouve dans vos cellules sanguines. L'urgence est telle que la loi oblige le laboratoire à rendre les résultats du frottis dans un délai maximum de deux heures.

La lutte contre le paludisme marque des points

Avec plus de 200 millions de personnes touchées par an, le paludisme est un véritable fléau qui touche en priorité les jeunes enfants. Le rapport 2010 fait le bilan de la lutte contre cette maladie propagée par les moustiques, avec pour la première fois des progrès décisifs.
Une réduction du fardeau du paludisme a été observée dans toutes les Régions de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avec les plus fortes baisses proportionnelles notées dans la Région européenne, suivie par la Région des Amériques. Les plus fortes baisses absolues des décès ont été observées en Afrique.

D'importants progrès ont été réalisés face au paludisme

World Malaria Report 2010Le Rapport sur le paludisme dans le monde 20101 fait un bilan positif des actions engagées. Au rayon des bonnes nouvelles, on apprend que le Maroc et le Turkménistan ont été certifiés comme ayant éliminé le paludisme par le Directeur général de l'OMS en 2009. Cette même année, pour la première fois, la Région européenne de l'OMS n'a signalé aucun cas de paludisme à P. falciparum. "Les stratégies actuelles portent leurs fruits. Les résultats exposés dans ce Rapport sont les meilleurs depuis des décennies" déclare le Dr Margaret Chan, Directeur général de l'Organisation internationale de la Santé2. En Afrique, 11 pays ont montré une réduction de plus de 50 % des cas de paludisme. Une diminution de plus de 50 % du nombre de cas a été trouvée dans 32 des 56 pays d'endémie palustre en dehors de l'Afrique entre 2000 et 2009.
Bien que les progrès dans la réduction du fardeau du paludisme aient été remarquables, une augmentation des cas de paludisme a été avérée dans trois pays en 2009 (le Rwanda, la Zambie, Sao Tomé et Principe). Les raisons de cette résurgence ne sont pas connues avec certitude.

Les financements stagnent pour lutter contre le paludisme

Le financement international de la lutte antipaludique a fortement augmenté durant la dernière décennie pour atteindre 1,5 milliard de dollars en 2009 ; mais en 2010, les nouveaux engagements pour la lutte contre le paludisme semblent avoir stagné à 1,8 milliard de dollars.
Première victime de ce ralentissement, les pays pauvres les plus peuplés qui proportionnellement reçoivent moins de moyens. Les montants engagés pour lutter contre le paludisme, bien que substantiels, restent en effet en-deçà des ressources nécessaires, ressources estimées à plus de 6 milliards de dollars pour l'année 2010.
En 2009, l'augmentation des financements a permis l'extension rapide des interventions contre le paludisme et la réduction substantielle du fardeau du paludisme.

Les moustiquaires imprégnées au coeur de la prévention

Parmi ces interventions, l'accès aux moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII) a considérablement progressé au cours des trois dernières années. A la fin de l'année 2010, environ 289 millions de MII auront été livrées à l'Afrique sub-saharienne, assez pour couvrir 76 % des 765 millions de personnes à risque de paludisme. On estime que mi-2010, en Afrique, 42 % des ménages possédaient au moins une MII, et que 35 % des enfants ont dormi sous une MII. Ce dernier pourcentage reste cependant inférieur à l'objectif de 80 % fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé.
Cet effort accompli représente également un formidable défi : celui d'augmenter et de maintenir des niveaux de couverture élevés car la durée de vie d'une MII est d'environ 3 ans. Ne pas remplacer ces moustiquaires pourrait conduire à une résurgence des cas et des décès liés au paludisme.
La prévention passe également par des programmes de pulvérisation intra-domiciliaire avec des insecticides en constante progression. Mais dans ce domaine, l'OMS regrette que les pyréthrinoïdes soient les seuls insecticides utilisés ; une utilisation généralisée d'une seule classe d'insecticides augmente le risque que les moustiques développent une résistance, ce qui pourrait conduire rapidement à un problème majeur de santé publique.

Face au paludisme, la prise en charge évolue

Pour lutter contre les phénomènes de résistances mais également pour une économie de l'utilisation des traitements encore efficaces et à une surveillance améliorée du paludisme, l'OMS recommande désormais que tous les cas suspects de paludisme soient confirmés par un test de diagnostic avant le traitement. En Afrique, la pourcentage de cas notifiés qui ont été confirmés par un test de diagnostic a augmenté considérablement, passant de moins de 5 % au début de la décennie à environ 35 % en 2009, mais de faibles taux persistent dans la plupart des pays africains et dans une minorité de pays dans les autres régions. L'extension de ces tests passera selon l'OMS par une préparation adéquate, la formation, le suivi, la supervision et le contrôle de la qualité. En cas de tests positifs, le traitement repose sur des combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (CTA).
"Les traitements par associations médicamenteuses comportant de l'artémisinine sont notre arme antipaludéenne la plus efficace. Au niveau mondial, le nombre de traitements par de telles associations achetés est passé d'un peu plus de 11 millions en 2005 à 158 millions en 2009" précise le Dr Margaret Chan.

L'émergence de résistances fait peur

L'utilisation de monothérapies orales à base d'artémisinine met en danger la durée de l'efficacité des CTA en favorisant la propagation de la résistance à l'artémisinine. En novembre 2010, 25 pays autorisaient encore la commercialisation de ces produits et 39 compagnies pharmaceutiques les fabriquaient. La plupart des pays qui autorisent encore la commercialisation des monothérapies sont situés dans la Région africaine et la plupart des fabricants sont en Inde. "Mon message est clair: il faut retirer ces produits du marché. Continuer à produire et commercialiser des monothérapies est irresponsable. Si nous perdons les associations médicamenteuses comportant de l'artémisinine, nous revenons à la case zéro. Il n'y aura pas de médicament de substitution dans un avenir immédiat" avoue le Dr Margaret Chan.
Malgré les changements observés dans la sensibilité des parasites aux artémisinines, l'efficacité clinique et parasitologique des CTA n'a pas encore été compromise, même dans la sous-région du Grand Mékong. Néanmoins, les deux composantes de la combinaison thérapeutique sont actuellement à risque et l'utilisation des CTA comprenant un médicament partenaire inefficace peut augmenter le risque de développement ou de propagation de résistance à l'artémisinine.
Pour Ray Chambers, l'envoyé spécial du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies chargé du paludisme, "la montée en puissance stratégique qui permet de faire reculer le paludisme constitue une étape décisive dans l'effort pour combattre les menaces pour la santé liées à la pauvreté. En préservant cet acquis essentiel, nous pourrons mettre fin à la mortalité palustre d'ici 2015"3. Au-delà de cette prédiction que certains experts jugent très optimiste, le paludisme reste un terrible fléau avec 223 millions de personnes touchées et 781 000 décès en 2009.
David Bême, le 27 décembre 2010
Mis à jour le 3 janvier 2011
1  Rapport 2010 sur le paludisme dans le monde - (accessible en ligne)
2 - Les résultats positifs mais fragiles de la lutte antipaludique - Allocution du Dr Margaret Chan, Directeur général de l'Organisation internationale de la Santé - 14 décembre 2010
3 - La lutte antipaludique enregistre des avancées rapides - Communiqué de l'OMS du 14 décembre 2010

Le pharmacien face aux allergies printanières

Eternuements, écoulement nasal, larmoiements… Les allergies saisonnières touchent de plus en plus de Français. Face à ces symptômes handicapants, beaucoup de personnes se tournent vers leur pharmacien. Quel secours peut alors nous apporter ce professionnel de santé ? Le point avec l’Ordre national des pharmaciens.
Chaque année, de plus en plus de Français souffrent de rhume des foins. Une personne sur cinq est actuellement touchée par cette forme d’allergie dans les pays industrialisés1. Un grand nombre de patients atteints de rhinite allergique ne consultent pas de médecin. En France, on estime que plus de 20 % des personnes souffrant de rhinite demandent conseil à leur pharmacien2. Quel secours attendre de ce professionnel de santé ?

Des armes rapidement disponibles

Allergies printanièresMême si l’état général de ces patients reste bon, sans fièvre ni douleur importante, ces symptômes à répétition peuvent handicaper la vie sociale et professionnelle. La fatigue est également au rendez-vous même chez les individus les plus résistants.
Bien souvent, les personnes atteintes se tournent vers leur pharmacien habituel. Ce dernier posera alors quelques questions : S’agit-il bien d’éternuements en salves ? D’écoulement nasal très clair et liquide ? Eventuellement de démangeaisons dans le nez et/ou dans la gorge ? Ces symptômes sont-ils survenus brusquement ? Les avez-vous déjà ressentis récemment ou l’année dernière à la même période ? Vous trouviez-vous récemment dans un parc, à la campagne ou en forêt ?…
En cas de réponses positives à la plupart de ces questions, il est fort probable que qu’il s’agisse alors d’une allergie, surtout si elle est déjà sensibilisée à d’autres substances (acariens, animal domestique, aliments…).
Les trois saisons des pollens à problème
Il existe schématiquement trois grandes saisons "polliniques"3 :
   La saison des arbres. Celle-ci débute dès janvier dans le sud de la France avec les pollens de cyprès, genévrier, thuya. Elle se prolonge en avril par les arbres à chatons : chêne, bouleau, platane, hêtre... Les pollens d’arbres provoquant le plus grand nombre d’allergies sont ceux des cyprès, des bouleaux et des platanes.
   La saison des graminées. C’est la plus connue des saisons polliniques. Elle culmine entre mai et juillet, parfois plus tard dans les zones de moyenne altitude. Certaines graminées ont un fort pouvoir allergisant. Parmi elles : dactyle, phléole, ivraie, chiendent, blé, avoine…
   La saison des herbacées. Elle débute durant la saison des graminées et s’étend selon les régions jusqu’en automne. Parmi les espèces au potentiel le plus allergisant figurent l’ambroisie, notamment dans la région lyonnaise, la pariétaire, l’armoise, l’oseille, l’ortie.

Les conseils du pharmacien

Face à ces symptômes, plusieurs armes sont immédiatement disponibles.
Pour aider la personne allergique de façon efficace, le pharmacien proposera en priorité un anti-histaminique général sous forme de comprimés. Les antihistaminiques de deuxième génération entraînent moins d’effets indésirables, notamment sur la somnolence. Le traitement sera de courte durée. Certains existent sous forme générique.

Allergies : les situations d’urgence

Les allergies ne cessent d’augmenter depuis les trois dernières décennies. Mais au delà des nez qui coulent ou des urticaires disgracieuses, l’allergie peut parfois nécessiter une prise en charge en urgence. Découvrez comment réagir !
Les allergies ne sont pas toujours à prendre à la légère ! Aux Etats-Unis, on compte chaque année 10 à 20 réactions sévères pour 100 000 habitants et 1 à 3 décès par million d’habitant1. Depuis 1990, les admissions hospitalières pour anaphylaxie en Angleterre ont augmenté de 700 %, pour allergies alimentaires de 500 %, pour urticaire de 100 % et pour oedème de 40 %2. Les spécialistes font le point à l’occasion du salon de la médecine3 MEDEC 2007 sur les allergies à traiter en urgence.
L’urticaire le plus souvent banale
Allergies choc urgenceL’allergie cutanée la plus banale est l’urticaire, que beaucoup d’entre nous ont déjà rencontrée après avoir consommé des crustacés, des poissons ou des fraises… La peau rougit, se gonfle par endroits et est l’objet de très vives démangeaisons. Si cette urticaire n’est pas associée à certains signes de gravité (oedème, difficulté à respirer…), le premier geste est d’écarter la substance allergisante et d’agir rapidement sur la rougeur et le gonflement de la peau grâce à l’administration d’antihistaminiques. Ce médicament suffit le plus souvent à calmer les symptômes. Le cas échéant, des corticoïdes peuvent éventuellement apparaître en deuxième ligne en faisant disparaître l’inflammation. Mais leurs effets secondaires limitent leur recours sur le long terme.
Attention, toutes les urticaires ne sont pas allergiques, certaines ont des causes infectieuses, physiques (chaleur excessive, soleil, vêtements trop serrés ou irritants…) ou plus rarement liées au contact avec des chenilles processionnaires.
L’oedème dangereux au niveau du larynx
L’oedème traduit l’infiltration de liquide dans les tissus de la face avec de vives démangeaisons lors d’une réaction allergique (urticaire). Sa dangerosité est directement liée à sa localisation. Sur la peau, il aura pour principal désagrément une gêne disgracieuse, mais s’il est situé au niveau du larynx (entre la gorge et la trachée), il peut gêner la respiration et engager le pronostic vital. Une dystonie (contraction douloureuse et involontaire), une hyper-salivation et un problème de déglutition doivent alerter. Dans ce cas, le Samu doit être appelé en urgence. En attentant son arrivée, le traitement par antihistaminiques, corticoïdes peut être complété par du salbutamol pour calmer le bronchospasme et l’injection d’adrénaline, via des seringues prêtes à l’emploi.
Dans de très rares cas, l’oedème n’est pas allergique, mais est lié à une maladie rare d’origine génétique. Ne répondant pas aux traitements de l’allergie, ces oedèmes reposent sur le danazol et l’acide tranexamique ; le concentré de C1Inh (produit dérivé du sang) est réservé aux crises très graves4. La plupart du temps, ces manifestations régressent dans les deux jours.
Le bronchospasme, à ne pas négliger !
L’asthme est une maladie allergique dans de très nombreux cas, près de 99 % chez l’enfant. En cas d’inhalation de substance allergène, l’enfant peut souffrir d’une contraction involontaire des bronches qui va limiter la respiration, on parle de bronchospasme. L’allergène est le plus souvent identifié (une odeur met sur la piste, ou les déclencheurs de crise sont déjà connus). Mais ce n’est pas toujours le cas. Attention, ces manifestations allergiques ne sont pas anodines et sont encore la cause de décès. Le traitement repose sur la prise de bronchodilatateurs bêta2 stimulants administrés en inhalation. Ces médicaments permettent un relâchement de la musculature bronchique et donc à un soulagement. L’injection d’adrénaline est une option à ne pas négliger. Si la crise n’est pas soulagée, il convient d’appeler le SAMU pour une prise en charge médicale rapide.

Les allergies respiratoires insuffisamment soignées ?

Résultats de l'enquête Doctissimo / CFOA

Les allergies respiratoires - rhinite allergique, asthme, conjonctivite... - touchent de très nombreux français, en particulier à l'approche du printemps et ses pollens allergisants... Pour mieux comprendre la façon dont ces pathologies surviennent et sont traitées, Doctissimo et son partenaire, le Comité Français d'Observation des Allergies, ont interrogé les internautes et vous délivrent les principaux enseignements de cette enquête exclusive.
Allergies respiratoiresPlus de 1500 internautes de Doctissimo ont répondu à notre enquête en décembre 2008, nous permettant d'obtenir un éclairage intéressant sur leur vécu des allergies respiratoires.  Les internautes que nous avons interrogé souffraient en majorité de rhinite allergique (44 %), loin devant l'asthme (24%) et la conjonctivite (22%).  Ces chiffres sont à rapprocher du fait qu' environ 1 personne sur 4 souffre de rhinite allergique, allergie respiratoire en augmentation, en particulier chez les enfants. 

Les allergies respiratoires, une gène  au quotidien pour 8 internautes sur 10 !

Les symptômes qui gênent le plus nos répondants sont d'"avoir le nez bouché" (24%) et d'"éternuer constamment" (20%) , loin devant les troubles du sommeil et les maux de tête.  
Par ailleurs, 80% des personnes interrogées considèrent que leur(s) allergie(s) perturbent leur vie quotidienne ! L'impact de la rhinite allergique et des autres allergies respiratoires est donc significatif sur la qualité de vie.

Une limitation inquiétante des activités

Près d'un tiers des répondants ont  renoncé à certaines activités en raison de leur(s) allergie(s) : sportives (42%), mais aussi sociales (19%), certains voyages ou déplacements (18%), et même professionnelles (13%).  Ainsi 29% ont déjà subi un arrêt de travail à cause de leur(s) allergie(s) ! Encore plus étonnant, plus de 30% des internautes se disent prêts à déménager si leur allergie ne s'améliore pas, par exemple après un changement de moquette ou de literie.

Une aggravation chez plus d'1 répondant sur 2, malgré les consultations...

Les  internautes déclarent à 53% que leur(s) allergie(s) respiratoire(s) s'est (se sont) aggravées avec le temps. Seuls 15% des répondants ont signalé une amélioration de leur état, ce qui est étonnant alors que des traitements efficaces existent. 
Pourtant, près de 3 internautes sur 4 ont déjà consulté un professionnel de santé à ce sujet : un tiers ont consulté un généraliste, un autre tiers un allergologue et 20% ont vu un pneumologue, ce qui devrait normalement améliorer nettement la situation.
Alors pourquoi cette aggravation allergique ? leur pathologie n'est-elle pas correctement diagnostiquée ? La prise en charge est-elle inadaptée ?

Trop d'attente entre les symptômes et les consultations

59% des internautes n'ont consulté qu'après une année ou plus de symptômes allergiques.... Ils sont même 27% à avoir attendu plusieurs années...2, 3, 5, voire 10 ans après leurs premiers symptômes ! Alors certes ils consultent ensuite à ce sujet au moins une fois par an (60%) ou lorsque le besoin s'en fait sentir (40%), mais ce diagnostic est trop tardif, les symptômes ont largement eu le temps de s'installer, de s'aggraver et sont donc plus difficiles à traiter. Il est de plus à craindre que ces délais s'allongent encore, le nombre de médecins généralistes et d'allergologues accessibles par tous diminuant d'année en année.

Des patients traités mais insuffisamment soulagés

Si 70% des internautes interrogés se traitent toute l'année ou, pour 23%, "ponctuellement, en cas de besoin", seuls 22% considèrent que leur traitement les "soulagent totalement et rapidement". A l'inverse, 41% sont "moyennement" soulagés et 17% "très peu" ou "pas du tout" soulagés par leur prise en charge thérapeutique.
Outre le retard au diagnostic, il y a donc un souci évident d'efficacité thérapeutique. Pourtant les médicaments symptomatiques, s'ils sont prescrits à bon escient, sont efficaces sur les signes de la maladie, tandis que la désensibilisation peut permettre de la soigner, surtout s'il n'y a pas d'allergie à plusieurs substances. Par exemple en cas d'allergie au venin de guêpe ou d'abeille, la désensibilisation est efficace à 98% ! Encore faut-il , notamment en cas d'allergie peu évidente ou d'origine multiple, réaliser un bilan précis avec un allergologue pour bien identifier la ou les causes et proposer une prise en charge adaptée.

Près des 2 tiers des patients insuffisamment informés

Ce dernier chiffre de notre enquête, en dehors du fait qu'il nous encourage à écrire sur ces pathologies souvent associées, indique probablement un manque de dialogue avec le corps médical. Il est vrai que ces symptômes peuvent paraître moins significatifs aux yeux du patient, voire à ceux du médecin, que des douleurs aiguës ou autres, mais, comme vous avez pu le constater ci-dessus, leur impact est majeur sur la vie quotidienne. Nous ne pouvons donc que vous encourager, si vous présentez ces allergies, à en parler, à demander des explications, à ne pas minimiser vos symptômes sous prétexte, par exemple, que vous êtes également hypertendu, cardiaque ou encore diabétique..

Faire le bilan dès les premiers symptômes

Alors que le printemps arrive et qu'il ne suffit que de quelques grains de pollen par m3 pour déclencher une  rhinite, une conjonctivite allergique ou une crise d'asthme chez les millions de français allergiques, si vous consultiez un professionnel de santé pour éviter l'aggravation ou la gène quotidienne ? Une consultation rapide chez votre médecin traitant en cas de symptômes, suivie d'un éventuel bilan allergologique complet réalisé par un spécialiste (allergologue) peuvent vous aider à mieux comprendre vos irritations, éternuements, etc. et leurs circonstances de déclenchement, ce qui vous permettra de déterminer, avec votre médecin, quelle est la meilleure solution pour les combattre avec efficacité afin de diminuer, voire de supprimer les conséquences pénibles de ces allergies...
Dr Jean-Philippe Rivière, le 11 mars 2009, actualisé le 27 mai 2009
Source : les allergies respiratoires - Doctissimo et le CFOA - Décembre 2008

dimanche 9 septembre 2012

Manger dehors avec les copains

Que ce soit au fast-food ou au café, les adolescents aiment se retrouver dans un lieu bien à eux. Il leur arrive aussi d'y manger et les parents s'en inquiètent. Mais ces repas sur le pouce sont-ils une réelle menace pour ces jeunes adultes ?
Les endroits pour se retrouver entre copains ne manquent généralement pas autour des établissements scolaires. Ils s'y retrouvent en bande, y passent beaucoup de temps. Ils y mangent. Quelques conseils simples peuvent améliorer leur façon de se nourrir.

Le fast-food

Le fast food est le point de rencontre d'un grand nombre d'adolescents. C'est un lieu incontournable. Lorsqu'ils s'y rendent une ou deux fois par semaine, il n'est pas utile pour les parents de s'en alarmer. Si les autres repas sont équilibrés par ailleurs, les conséquences sont minimes sur leur équilibre nutritionnel.
En revanche, les choses sont différentes lorsqu'ils s'y rendent tous les jours.
Repas amis copains restaurant fast-foodLe trio hamburger- frites - boisson au cola taille "XL" n'est évidemment pas le meilleur choix. Quant aux desserts, crèmes glacées ou beignets, cela est loin d'être idéal. Le compte est bon en protéines grâce au hamburger (steak haché) mais globalement le repas est gras et sucré, sans fruits et légumes et le manque de calcium évident.
Plutôt que d'empêcher les adolescents de déjeuner dans ces établissements, voici quelques conseils que l'on peut essayer de leur faire passer :
  • Plutôt que de prendre un simple hamburger, préférer le cheese burger plus riche en fromage et donc en calcium ;
  • Des frites oui mais pas systématiquement : on peut opter maintenant pour des pommes de terre moins grasses (mais sans la sauce) ou pour des salades composées ;
  • Pour les grosses faims caractéristiques de cet âge, il semble préférable de consommer deux sandwiches plutôt que plusieurs frites arrosées de boissons sucrées ;
  • Pour la boisson, s'ils aiment le lait, un milk shake fait également office de dessert. Cette boisson est intéressante car elle fournit du calcium en quantité notable ;
  • Inutile de se battre contre les boissons sucrées, elles font partie intégrante de leur vie. Limitez en la consommation. Pour les gros consommateurs, leur conseiller des boissons "light". Conseiller aussi les jus de fruits et l'eau.

Ils ont toujours faim !

Jamais rassasiés, les garçons sont capables de dévorer des quantités de nourriture qui peuvent paraître énormes. Il ne s'agit pourtant pas de boulimie. Cette consommation répond à des besoins réels.
Chez les garçons, la puberté commence vers l'âge de 12 ans. Ils vont grandir de plusieurs dizaines de centimètres et prendre 20 à 30 kilos en l'espace de 4 à 5 ans. Cette croissance gigantesque suffit à expliquer pourquoi ils mangent beaucoup. Cependant, s'ils doivent manger en quantité cela ne doit pas se faire au détriment de la qualité.

Un apport énergétique recommandé plus élevé que celui de son père

Les apports énergétiques qui sont donnés ne sont que des moyennes.
Ce sont avant tout des points de repères.
Apports énergétiques recommandés par jour
10-12 ans
2190 kcal
13-15 ans
2480 kcal
16-19 ans
2870 kcal
(d'après Dupin et coll., Apports nutritionnels conseillés
pour la population française, Tec§Doc-Lavoisier, 1994).
Alimentation des adolescentsAu même âge, les différences de poids et de taille sont quelquefois très marquées d'un adolescent à l'autre. A 13 ans, un garçon peut peser 45 kilos et mesurer 1m55 alors que son meilleur ami pèse déjà 65 kilos et mesure 1m78. Ils ne mangeront certainement pas de la même façon.
Ces variations se retrouvent également chez un même adolescent. Les poussées de croissance sont entrecoupées de "pauses" ce qui explique que les adolescents ont faim à certains moments et moins à d'autres. C'est tout à fait normal.

Tous les aliments sont permis

Leur ration énergétique doit se répartir entre les différents nutriments : des protéines, des lipides et des glucides.
  • Les protéines sont fournies par les viandes, les poissons, les oeufs mais aussi les produits laitiers. Elles sont également présentes dans les produits céréaliers (pain, pâtes…etc) ;
  • Les glucides doivent constituées la principale source d'énergie. On les trouve sous forme d'amidon dans tous les produits céréaliers ou assimilés (riz, pâtes, biscottes, céréales de petit déjeuner…). Sous forme de sucres simples, les glucides sont présents dans les fruits, les légumes mais aussi et surtout dans les produits sucrés (confiseries, boissons) souvent très appréciés des adolescents. A limiter ;
  • Quant aux lipides, s'il sont indispensables, leur consommation doit rester raisonnable, surtout en ce qui concerne les graisses dites "cachées", c'est-à-dire celles qui se trouvent dans les aliments. Pas d'orgie de chips, de frites, de glaces ou de pâtisseries.
Pour parvenir à équilibrer au mieux leur alimentation, les adolescents doivent consommer de tout mais en quantités raisonnables car chaque groupe d'aliments apporte à notre organisme des nutriments essentiels à sa croissance.

Le goûter : un vrai repas

Alors que leurs besoins augmentent dans des proportions importantes, les adolescents ont tendance à bouder le goûter qui reste à leurs yeux un repas d'enfants. Plus ils grandissent, moins ils goûtent.
C'est au contraire un repas fondamental pour eux. Il permet d'assurer une bonne répartition de l'alimentation sur la journée et de refaire le plein d'énergie car le déjeuner est déjà loin.
Cependant, ce repas ne doit être le prétexte à manger n'importe quoi.
Dans sa composition, il est souhaitable qu'il se rapproche du petit déjeuner :
  • Un produit céréalier pour l'énergie : pain, céréales de petit déjeuner, biscuits, gâteaux secs, crêpes…
  • Un produit laitier pour les protéines et le calcium : lait chaud ou froid nature ou aromatisé, laitages, fromages ;
  • Une boisson pour s'hydrater : jus de fruits, thé, boisson sucrée (avec modération).
L'adolescent a souvent très faim, il n'a pas forcément bien mangé au déjeuner. Le corps réclame donc et c'est tout à fait normal. Pensez simplement à bien garnir vos placards et réfrigérateur. Et laisser le décompresser de sa journée.
Le goûter doit être un véritable moment de détente après le collège et le lycée.
Françoise Pradier

L’alimentation des adolescents

L'adolescence est une période de besoins nutritionnels importants. Or c'est la période où les comportements, notamment alimentaires changent. Quels sont les apports conseillés pour ces futurs adultes ? Comment éviter grignotage, déséquilibres ou carences ?
L’adolescence est, avec la période foetale et la première année de vie, la période de plus grande croissance. En 5 ans le poids double et pendant quelques années l’enfant grandit de 8 à 12 cm par an. Les apports nutritionnels augmentent considérablement pour atteindre voire dépasser les apports conseillés aux adultes, et les risques de déséquilibre alimentaire sont très importants. Les bouleversements corporels sont aussi d’ordre psycho-affectif et sociaux car au-delà de la satisfaction des besoins strictement nutritionnels. Les comportements alimentaires prennent un sens particulier chez l’adolescent à la recherche d’une identité et d’une appartenance à un groupe.

Entre mode et image de soi

Alimentation adolescentsOn commence à manger plus fréquemment à l’extérieur, entre jeunes du même âge. Des enquêtes montrent que le plaisir de manger n’est pas très important à cet âge mais que les contacts sociaux occasionnés le sont. Comme dans d’autres domaines, les comportements alimentaires de l’adolescent sont très influencés par le groupe, par la mode ou par une certaine image corporelle, surtout chez pour les filles.

Des besoins importants

En cette période de croissance, les besoins nutritionnels des adolescents sont importants et variés. De plus, ils doivent apprendre à manger équilibré.
  • Les apports énergétiques
L’apport calorique de l’adolescent varie énormément d’un jour à l’autre et comme pour l’enfant, il s’équilibre plus sur plusieurs jours que sur 24 heures : on voit des adolescents dévorer des quantités étonnantes de nourriture un jour et se contenter de quelques en-cas le lendemain. Chez des jeunes du même âge, les besoins varient énormément en fonction de la vitesse de croissance et il est impossible d’établir des normes pour un individu donné à un âge donné. Les apports énergétiques calculés sur une moyenne vont en augmentant pour dépasser ceux de l’adulte chez les filles entre 13 et 15 ans (2 490 Kcal/j) et chez les garçons entre 16 et 19 ans (3 070 Kcal/j).
  • Les apports protéiques
Parce qu’il grandit rapidement en poids et en taille l’adolescent a besoin d’un surcroît en protéines. Elles constituent 10 à 20 % de la ration énergétique dont un quart de protéines d’origine animale.
  • Les apports conseillés en calcium
Ils sont très élevés, de 1 200 jusqu’à 1 500 mg/jour lors des poussées de croissance car l’adolescence est une période clé pour le capital osseux. Jusqu’à l’âge de 20 ans, c’est le moment de plus grande période de croissance osseuse. A cette période, plus la consommation de calcium est importante plus la masse osseuse s’accroît. Un apport optimal de calcium à cet âge est donc une mesure préventive importante de l’ostéoporose. En France les enquêtes ont montré des consommations de calcium trop faibles chez les adolescentes.

Que faut-il manger pour avoir de beaux muscles ?

Le secret pour avoir de beaux muscles, ce sont les protéines. Viandes, oeufs, fromage. Où trouver ces composants essentiels dans l'alimentation du sportif ?
"Pour augmenter sa masse musculaire, il faut augmenter sa consommation de protéines" précise le docteur Marie-France Oprendek, nutritionniste à l’INSEP. "Nous en consommons en moyenne 0,8 g par kilo et par jour (soit 48 g par jour pour une femme de 60 kg). Quand cette consommation est inférieure à nos besoins, l’organisme puise alors dans ses réserves propres, et la masse musculaire fond" souligne-t-elle.
Varier l'origine des protéines
Alimentation du sportif"Les protéines contiennent des acides aminés, indispensables à notre organisme. Il en existe huit essentiels que nous ne savons pas fabriquer, et s’il en manque un sur les huit, c’est toute la machine qui est perturbée. Les protéines animales sont de très bonnes qualités et utilisées directement pour la construction musculaire, alors que la plupart des protéines végétales sont carencées en un ou deux acides aminés essentiels. Voilà pourquoi il est très important de varier son alimentation et de consommer au moins deux portions de protéines d’origines différentes chaque jour" explique  le médecin. 
La consommation de protéines associée à une activité sportive permet d’augmenter sa masse musculaire et de diminuer sa masse graisseuse. Mais pour que les muscles puissent les intégrer, il est important de consommer des sucres lents (féculents, pain) au cours du même repas. L’énergie produite servira ainsi à la digestion des protéines, et au fonctionnement des muscles et ne sera pas stockée.
Les meilleurs aliments
La viande rouge : riche en fer
Les viandes rouges et blanches ont le même apport en protéines, mais la viande rouge est plus riche en fer, composant essentiel de l’hémoglobine, indispensable au bon fonctionnement des muscles et de l’organisme en général.
Les oeufs : source d’acides aminés
Les oeufs sont riches en protéines d’excellente qualité (elles contiennent presque la totalité des acides aminés). Ils peuvent tout à fait remplacer la viande ou le poisson. Toutefois, il ne faut pas en consommer plus de trois ou quatre par semaine car le jaune est riche en cholestérol.
Fromage blanc : concentré de protéines
Issu du lait caillé égoutté, le fromage blanc contient plus de protéines que le lait. C’est également une excellente source de calcium, indispensable à la contraction musculaire.
Elodie Liénard

Sabal Serrulata, une plante pour de beaux seins ?

Quelle femme n'a pas un jour souhaité avoir une poitrine plus volumineuse ? De nombreuses pilules miracles prétendent ainsi faire gagner une ou deux tailles de bonnet. La dernière en date : le Sabal Serrulata, ou palmier nain, dont les gélules et autres spécialités s'arrachent sous le manteau. A lire avant de changer de soutien-gorge !
Vous aimeriez avoir une poitrine plus volumineuse et avez déjà essayé de nombreux remèdes miracles ? Mais depuis quelques mois, vos amies vous vantent les mérites d'un produit de phytothérapie miracle : le Sabal Serrulata ! Qu'en est-il réellement de ce produit tant vanté ? La phytothérapie peut-elle être la solution pour les petits seins ?

Pour traiter la prostate

Sabal Serrulata, une plante pour de beaux seins ?Sabal Serrulata, Palmier nain, Serenoa Repens, Saw Palmetto… tous ces noms désignent la même plante, originaire de Floride. Ce végétal est bien connu en phytothérapie. Il a d'ailleurs su se faire un nom dans la médecine classique. En effet, le Sabal a montré dans de nombreuses études son efficacité dans le traitement des adénomes de la prostate (augmentation du volume de la prostate qui entraîne des difficultés urinaires). Cette maladie, également appelée hypertrophie bénigne de la prostate, survient généralement chez les hommes de plus de 50 ans. D'autres études ont également montré un effet bénéfique du palmier nain sur les cancers, toujours au niveau de la prostate. Mais comment ce produit, qui semblait réservé aux hommes, peut-il aider les femmes ?

Un effet sur les seins ?

On ne connaît pas exactement le mécanisme d'action du Sabal Serrulata sur la prostate. Mais il s'agit certainement d'une action sur la fabrication des hormones sexuelles. C'est sûrement ce qui a convaincu plusieurs spécialiste en phytothérapie de le proposer pour augmenter les seins. Mais qu'en est-il exactement ? Peu d'études ont évalué l'action du palmier nain sur la poitrine féminine. L'un des seuls travaux disponibles a observé l'action in vitro d'extrait de palmier sur différentes cellules : prostate, peau, épididyme, testicules, reins et poitrine. Les résultats sont sans appel : le Sabal a effectivement une action sur les cellules de prostate, mais absolument aucune influence sur les autres cellules, notamment mammaires !

Et en pratique ?

Certes, d'autres études spécifiques seraient nécessaires pour s'assurer de l'efficacité ou non de cette plante. Des essais chez l'homme seraient ainsi intéressants. En attendant, les divers témoignages des personnes qui l'ont essayé ne plaident pas en faveur de cette plante miracle. Ainsi, l'avis des internautes des forums de Doctissimo qui se sont frottés à ce palmier est éloquent :
  • "Moi au bout de 4 mois n'ayant eu aucun résultat autre que des douleurs aux tétons j'ai arrêté", anonyme ;
  • "J'ai aussi essayé, c'est de l'arnaque.", choup68 ;
  • "Moi ça fait trois mois que j'en prends et aucun résultat je persévère jusqu'à 6 puis j'arrête", anonyme.
  • "Moi cela fait presque deux mois que je prends le serrulata et je n'ai eu aucun résultat j'ai le moral à zéro", feriel.

Acné : ne mangez pas n'importe quoi !

Fini les idées reçues sur les boutons ! Des scientifiques apportent enfin la preuve que l'alimentation peut favoriser l'acné. Mais ce ne sont pas le chocolat, les bonbons ou les charcuteries qui seraient à blâmer, mais les produits céréaliers trop raffinés. Faut-il arrêter de manger du pain, du riz et autres biscuits ?
Dans les sociétés occidentales, l'acné concerne 79 à 95 % des adolescents. Environ 60 % des enfants de 12 ans et 95 % des adolescents de 18 ans souffrent de ces boutons disgracieux. Toutes les études menées jusqu'à présent innocentaient l'alimentation. Mais un coupable semble surgir de l'assiette.

Pas de points noirs chez les Papous !

Acné et alimentationPain blanc, riz et gâteaux : hors de nos assiettes ! Des scientifiques américains accusent entre autres ces aliments de provoquer l'acné juvénile. Leur hypothèse se base sur l'observation de différentes populations : dans certaines tribus reculées de Papouasie Nouvelle Guinée ou d'Amérique du Sud, les adolescents ne connaissent quasiment pas l'acné. Cette absence de boutons ne peut s'expliquer uniquement par des caractéristiques génétiques : des facteurs environnementaux sont également impliqués. La clé : leur alimentation, vierge de tous produits transformés industriellement ! Loren Cordain, auteur de l'étude, remarque également que les Inuits d'Alaska développent de l'acné seulement depuis qu'ils mangent "à l'occidentale".

C'est là que les bactéries attaquent

Mais quel lien peut-il exister entre boutons et produits céréaliers ? Selon l'hypothèse de Loren Cordain, tout serait lié à l'insuline, cette hormone indispensable à l'assimilation des glucides. Pain blanc, riz blanc, biscuits et autres céréales raffinées sont très rapidement digérés et entraînent une sécrétion d'insuline très importante. Or cette hormone augmente aussi la libération d'androgènes. Ce qui provoque une hyperproduction de sébum au niveau des pores de la peau et favorise leur infection par des bactéries responsables de l'acné. Ainsi, plus on consomme des glucides rapidement digestibles, plus l'insuline est sécrétée et augmente indirectement l'acné.

Le débat s'engage

Jamais aucun lien entre aliments et acné n'avait été trouvé auparavant, malgré les soupçons pesant sur le chocolat ou la charcuterie. Les dermatologues continuaient donc tout simplement de nier cette probabilité.
Mais d'après les travaux de Cordain, un régime alimentaire plus sain permettrait d'éviter les boutons auxquels les adolescents sont particulièrement sensibles. Certaines femmes, prédisposées à l'acné par leur statut hormonal, ont déjà vu leur état s'améliorer suite à la suppression des aliments coupables. Reste à confirmer ces résultats par de nouvelles études sur de larges échantillons de population. Et à vérifier que d'autres facteurs ne sont pas un meilleur moyen d'éviter l'acné : exposition au soleil, activité physique…
En attendant, pourquoi ne pas favoriser vos apports en céréales entières, peu raffinées et riches en fibres…
Caroline Bourganel
Source : Cordain L et al. Acne vulgaris : a disease of western civilization. Archives of Dermatology ; vol. 18 : p. 123.

Le rôle de l'appareil digestif

L'appareil digestif est composé de nombreux organes : oesophage, estomac, intestin grêle... C'est lui qui assure la digestion des aliments. De la bouche à l'anus, tout sur les acteurs d'un bon transit !
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L'appareil digestif est responsable de la transformation des aliments, de leur dégradation en protéines, en glucides, en sels minéraux, en oligo-éléments, en lipides et en d'autres substances utilisables par l'organisme. Il assure également le passage de ces nutriments dans la circulation sanguine de façon à ce qu'ils puissent être employés par l'organisme. Ces substances constituent les matières premières pour la fabrication, la réparation et le contrôle des différents systèmes de l'organisme.
L'appareil digestif

Le chemin de croix des aliments

Le tube digestif commence avec la bouche, où les dents et la langue entament le processus de dégradation de la nourriture, à l'aide de la salive sécrétée par les glandes salivaires. La nourriture mastiquée, combinée à la salive, est avalée et descend jusque dans l'estomac grâce aux mouvements péristaltiques (contractions rythmées) de l'oesophage. Dans l'estomac, la nourriture est mélangée à de l'acide chlorhydrique qui poursuit le processus de dégradation. Lorsque la nourriture est bien digérée, le liquide résultant, appelé chyme, franchit un sphincter appelé pylore pour entrer dans l'intestin grêle où il transitera jusqu'au gros intestin. Dans ce long tube intestinal aux multiples circonvolutions, les nutriments du chyme sont absorbés pour passer dans la circulation générale, laissant les résidus inutilisables...
Ces résidus passent dans le côlon (où la majeure partie de l'eau est réabsorbée dans la circulation sanguine) et le rectum, où il est stocké avant son excrétion. Ces déchets solides, appelés fèces, sont compactés et, lors de la défécation, expulsés par le canal anal et l'anus.

Ulcère digestif : une cause le plus souvent infectieuse

Qu’il touche l’estomac ou le duodénum, l’ulcère implique le plus souvent une petite bactérie présente au sein de la muqueuse digestive, Helicobacter pylori. Mais, d’autres facteurs en facilitent la survenue comme le stress ou les médicaments.
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Le terme d’ulcère digestif est précis. Il définit, en effet, l’existence d’une destruction localisée de la muqueuse qui recouvre l’intérieur du tube digestif. Les organes les plus fréquemment touchés sont l’estomac et la première partie de l’intestin grêle, le duodénum, et c'est pour ce motif que l'on parle d’ulcère gastro-duodénal. Dans la majorité des cas l’ulcère a pour siège la partie basse de l’estomac ou la portion initiale du duodénum, le bulbe.

Quelques différences entre l’ulcère duodénal et l’ulcère gastrique

Helicobacter PyloriL’ulcère gastro-duodénal doit être différencié des érosions ou des simples ulcérations de la paroi digestive, car l’atteinte de la muqueuse est plus profonde et se fait à "l'emporte-pièce". Par ailleurs, il faut savoir que l’ulcère duodénal et l’ulcère gastrique n’ont pas tout à fait les mêmes mécanismes et ne posent pas tout à fait les mêmes problèmes.
Une différence essentielle entre les deux maladies est que l’ulcère gastrique, plus rare, offre l’inconvénient de pouvoir être confondu avec un cancer de l’estomac ou d’évoluer en cancer même si le risque est faible (moins de 1 % probablement).
C’est pourquoi on pratique systématiquement de multiples biopsies à la périphérie d’un ulcère de l’estomac, quand on en découvre un grâce à une fibroscopie (exploration de la paroi interne (muqueuse) de l’estomac et duodénum à l’aide d’un endoscope (fibre optique) introduit par la bouche. Deux à quatre fois plus courant, l’ulcère du duodénum est en revanche toujours bénin et son diagnostic n’exige donc pas autant de précautions.

Aïe ! Aïe ! Aïe ! Quand l’ulcère fait mal

Quand risque-t-on de présenter un ulcère ? Quand on a mal. Car tout ulcère digestif se manifeste avant tout par l’apparition d’une douleur dans les heures suivant les repas. Brûlures, pesanteur ou crampes, ces sensations apparaissent dans la partie supérieure et médiane de l’abdomen. Elles peuvent être calmée par la consommation d’aliments, en particulier s'il s'agit d'un ulcère du duodénum. Il arrive aussi que les malades se plaignent d’une sensation de faim douloureuse ou même que la douleur soit ressentie dans le dos.
Bien plus rarement, fort heureusement, la présence d’un ulcère sera reconnue devant des complications telles que des hémorragies digestives (vomissements rouges, selles noires) ou une perforation digestive (douleur violente et signes de choc).

A quoi est dû l’ulcère gastro-duodénal ?

L’ulcère gastro-duodénal touche environ 10 % des individus dans les pays développés et apparaît à l’occasion d’une rupture d’équilibre entre les substances qui attaquent la muqueuse digestive (acide chlorhydrique, pepsines...) et ses mécanismes de défense (épithélium, prostaglandines).

Médecin traitant : les réponses aux questions les plus souvent posées

Afin de répondre au mieux à vos attentes, l’Assurance maladie a identifié les 10 questions que vous êtes le plus fréquemment amené à vous poser. Faut-il déclarer un médecin traitant pour mes enfants ? Puis-je directement aller voir mon gynécologue ?… Toutes les réponses avec Doctissimo.
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1 - Retraité, étudiant, j’ai plusieurs lieux d’habitation. Où dois-je déclarer mon médecin traitant ?
C’est une question de commodité pour vous. Choisissez comme médecin traitant celui qui est le plus proche de vous, qui vous connaît le mieux et qui pourra vous conseiller. Lorsque vous serez éloigné de votre médecin traitant, vous pourrez vous adresser à un autre médecin, sans surcoût. Pour votre santé, vous veillerez à ce que votre médecin traitant ait un retour d’informations.
2 - Dois-je déclarer un médecin traitant pour mes enfants ?
Non, le dispositif du médecin traitant ne s’applique qu’à partir de 16 ans.
3 - Je suis en vacances avec mes enfants, puis-je aller voir un médecin pour eux sans être pénalisée ?
Oui bien sûr, puisque les enfants de moins de 16 ans ne sont pas concernés
4 - Je suis en bonne santé ; il est peu probable que j’ai besoin de voir un médecin d’ici le premier juillet. Comment ferai-je si après cette date j’ai un problème de santé ?
Pas de problème, vous ferez votre déclaration à ce moment-là, au cours de votre prochaine consultation. Votre caisse d’Assurance Maladie enregistrera les données, qui seront immédiatement prises en compte.
5 - Dois-je aller voir mon médecin traitant avant d’aller voir mon gynécologue ?
Non, vous pouvez consulter directement votre gynécologue. Il en est de même si vous avez besoin de voir un ophtalmologiste, ou un pédiatre pour votre enfant.
6 - Dois-je aller voir mon médecin traitant avant d’aller chez le dentiste ?
Non, car les soins dentaires ne sont pas concernés par le parcours de soins coordonnés.
7 - Puis-je aller consulter mon psychiatre directement ?
Les conditions d’accès aux psychiatres sont en cours de discussions avec les syndicats professionnels qui feront des propositions d’ici la fin du mois de mars.
8 - J'ai un spécialiste qui me connaît bien et dont l’expertise est nécessaire à mon traitement. Dois-je déclarer un autre médecin traitant par exemple un généraliste ?
Vous pouvez continuer à consulter votre spécialiste comme le prévoit votre plan de soins. Si vous êtes atteint d’une maladie chronique ou une affection de longue durée (ALD), vous pourrez continuer à vous rendre directement chez votre spécialiste. Un diabétique n’aura pas besoin de solliciter systématiquement son médecin traitant pour prendre rendez-vous avec son endocrinologue. Mais vous aurez sans doute aussi besoin de conseils plus généraux en cas de problèmes de santé : ce sera le rôle de votre médecin traitant.
9 - Je vais dans un cabinet de groupe pour avoir toujours un médecin disponible et qui a accès à mon dossier, quel intérêt pour moi de choisir un médecin traitant unique ?
La déclaration du médecin traitant se fait nécessairement sur le nom d’une personne et non sur une structure. Bien évidemment, en cas d’indisponibilité du médecin que vous avez déclaré votre médecin traitant, un autre médecin du cabinet de groupe assurera son remplacement.
10 - Mon médecin traitant est en congé, serai-je pénalisée si je vais voir un autre médecin ?
Non, en l’absence de votre médecin traitant, vous allez naturellement voir celui qui assure son remplacement ou en cas d’urgence, le médecin de garde, sans surcoût.
Source : Caisse nationale d’assurance maladie

La pédiatrie de ville, une spécialité en voie d'extinction ?

Année après année, le nombre de pédiatres libéraux diminue alors que celui des naissances augmente. Un paradoxe que tente de dénoncer depuis 10 ans l'Association française de pédiatrie ambulatoire.
L'Association française de Pédiatrie Ambulatoire (l'AFPA) a remis le 19 janvier 2011 une pétition signée par plus de 130 000 Français au ministère de la Santé, dans le but de le sensibiliser à la situation de cette spécialité médicale, qui souffre d'une diminution chronique de praticiens libéraux.

Le pédiatre, un spécialiste de l'enfantPétition pédiatres ville

Comme aiment à le rappeler les pédiatres, l'enfant n'est pas un adulte en miniature. Par conséquent, sa prise en charge doit être assurée par un médecin ayant été formé aux maladies infantiles, à leurs modes d'expression spécifiques et, au-delà de ces aspects purement médicaux, à la prise en charge du développement de l'enfant avec tout ce que cela implique : prévention, repérage et dépistage de l'obésité, des troubles des apprentissages, des troubles du langage, des difficultés psychoaffectives mais aussi des "nouvelles vulnérabilités" que sont les inégalités sociales, les familles séparées ou encore les problèmes liés à l'adolescence, cite le Dr François-Marie Caron, l'ancien président de l'AFPA.
Depuis dix ans déjà, cette association de pédiatres libéraux se bat pour défendre cette spécialité médicale qui tend, peu à peu, à disparaître.  De manière très régulière, le nombre de praticiens  a diminué, passant de 3 145 en 1995 à 2 709 en 2008. Dans le même temps, le France a connu un boom des naissances, dont le nombre est passé de 775 800 en 1999 à 834 000 en 2008, propulsant la France au 1er rang des pays européens en termes de fécondité (2,02 enfants par femme).
Aujourd'hui, 1 enfant sur 5 est suivi par un pédiatre. La densité pédiatrique est l'une des plus faibles d'Europe, avec seulement 1 pédiatre libéral pour 6 000 enfants, soit 3 fois moins que la moyenne européenne. Cette moyenne cache cependant de fortes inégalités territoriales : alors que Paris compte pas moins de 107 pédiatres libéraux1 (229 si l'on inclus ceux à activité mixte -libérale et PMI/hôpital2), le Cantal n'en a que 4, la Lozère et l'Indre en ont 5, la Creuse et le Lot 6 !

Des propositions restées lettres mortes

Pour le Dr Caron, "il existe en France un investissement massif autour de l'assistance maternelle à la procréation, mais une fois que l'enfant est né, il n'y a plus rien". Et ce n'est pas l'élargissement du numerus clausus à 281 pédiatres en 2014-2015 contre 253 en 2009-2010 qui va suffire à interrompre l'hémorragie : "600 places seraient nécessaires pour pallier les nombreux départs à la retraite dans la profession et permettre ainsi le maintien de cette spécialité", assure le Dr Caron. Pour le Dr Gérald Galliot, médecin généraliste d'Eure-et-Loir et membre de l'Union Nationale des Omnipraticiens Français (UNOF) et de la Confédération des syndicats Médicaux Français (CSMF), la pédiatrie, comme de nombreuses autres spécialités cliniques, a besoin d'être revalorisée, notamment sur le plan financier. "La pédiatrie est une des spécialités cliniques les plus sinistrées. Il faut absolument que le gouvernement fasse un geste", estime-t-il.
"Nous avons fait des propositions à la Cnam et au ministère de la Santé sur l'amélioration de la prise en charge des enfants il y a 5 ans. Elles sont restées lettre morte. Par la suite, le ministre de la Santé de l'époque, Philippe Douste-Blazy, a demandé un rapport sur la santé de l'enfant et de l'adolescent au Pr Danièle Sommelet ; cette dernière a remis en septembre 2007 un document de 600 pages à Roselyne Bachelot (qui succédait à Philippe Douste-Blazy), reprenant peu ou prou les propositions de l'AFPA. Ce rapport est lui aussi resté lettre morte. Nous avons même écrit au président de la République. Là encore, nous n'avons reçu aucune réponse", s'indigne le Dr Caron.

Pour une collaboration pédiatre-médecin généraliste

Pour l'AFPA, "le gouvernement s'obstine à vouloir orienter le système  de soins de l'enfant vers la médecine générale". Loin de vouloir dénigrer leurs confrères généralistes, les pédiatres estiment néanmoins qu'ils ne sauraient assurer la prise en charge optimale des enfants et des adolescents. Un avis que ne réfute pas le Dr Gérald Galliot, mais qu'il nuance quelque peu. "Il est vrai que la médecine générale a une grosse activité de pédiatrie : d'une part, elle a une formation initiale et une formation continue de qualité ; d'autre part, il s'agit d'une médecine de proximité, auprès de laquelle on obtient plus rapidement des rendez-vous, un point non négligeable sur le plan pratique", souligne-t-il.
A la place de ce système dichotomique, les pédiatres proposent "une collaboration raisonnée et efficiente du pédiatre avec le médecin généraliste. Celui-ci pourrait prendre en charge des consultations intermédiaires entre des consultations  aux âges-clés réalisées par le pédiatre". Une telle réflexion a déjà été entamée au sein de la CSMF, en collaboration avec l'UNOF et l'Union nationale des Médecins Spécialistes Confédérés (UMESPE), indique le Dr Galliot. "Il est vrai qu'on peut imaginer de mettre en place des pratiques coopératives, et de trouver des solutions pour un accès plus facile aux pédiatres pour certaines pathologies", indique-t-il, citant l'obésité et autres vulnérabilités mentionnées par le Dr Caron, mais n'écartant pas pour autant les pathologies communes (grippe, gastro, rhinopharyngite, etc.). "Tout le monde y gagnerait", assure-t-il, plaidant pour l'expérimentation d'organisations pilotes au sein des régions.
En attendant, et devant l'immobilisme du Gouvernement, l'AFPA a décidé de mobiliser l'opinion publique : elle a ainsi lancé une pétition pour soutenir la pédiatrie de ville et recueilli plus de 130 000 signatures. L'AFPA, soutenue dans son initiative par Romane Bohringer et Mathieu Chedid, vient de remettre cette pétition à Xavier Bertrand. L'avenir nous dira cette dernière action sera un nouveau coup d'épée dans l'eau…
Amélie Pelletier - Le 20 janvier 2011
Sources :
1. Atlas de la démographie médicale en France, situation au 1er janvier 2010 (téléchargeable sur le site du Conseil National de l'Ordre des Médecins)
2. Dossier de presse de l'AFPA.
Propos recueillis le 6 janvier 2011 auprès du Dr François-Maris Caron, ancien président de l'AFPA.
Propos recueillis le 20 janvier 2011 auprès du Dr Gérald Galliot, médecin généraliste en Eure-et-Loir, membre de l'Union Nationale des Omnipraticiens Français (UNOF) et de la Confédération des syndicats Médicaux Français (CSMF).